Charles-Edouard Fatrane (promo 2014) : « pour se lancer dans l’informatique, et dans tous les domaines d’ailleurs, je pense qu’il faut être curieux. »

Charles-Edouard, nous sommes ravis de t’avoir avec nous sur Sharing Time ! Quel souvenir gardes-tu du lycée Fustel de Coulanges toutes ces années après ?

Fustel ! Quand j’y pense ça fait bientôt 7 ans que je suis parti mais il y a certaines choses dont je me rappelle comme si c’était hier ! Des souvenirs…j’en ai vraiment plein de bon, en premier ce sont les potes bien évidemment ! J’ai vraiment eu de la chance avec mes amis, il y en a beaucoup avec qui j’ai gardé le contact d’ailleurs, je me rappelle encore de la dream team en classe qui faisait tout sauf suivre le cours (rires) ou encore des “404” coups qu’on faisait en salle de permanence. Il y a les profs aussi, j’ai eu de la chance d’en avoir de vraiment cool ! D’ailleurs sans certains d’entre eux, je ne serais pas là où je suis je pense, notamment en informatique ! Moi qui n’étais pas le meilleur des matheux, certains profs m’ont réconcilié avec cette matière et je ne les remercierai jamais assez ! Le lycée en lui-même reste un bon souvenir, la vie au Cameroun aussi.

À l’époque du lycée, ça n’était un secret pour personne en effet, tu étais déjà très intéressé par le domaine informatique. D’où te vient cette passion et comment as-tu pu la lier avec le reste de ton parcours ?

Ma passion pour l’informatique est venue avec le temps, j’aimais bien les jeux vidéo, et c’est ma mère qui m’a dit d’essayer l’informatique. Pour autant, j’ai eu un peu de mal à trouver ma voie au départ : pendant le lycée je savais plus ou moins ce que je voulais faire plus tard et je savais surtout que l’école ne m’intéressait plus autant. Après avoir quitté Fustel en 2014 pendant ma Terminale, j’ai poursuivi ma scolarité en France sans pour autant avoir obtenu le bac. J’ai pris quelque temps pour définir la suite de mon parcours et notamment trouver mon école d’informatique. C’est ma mère qui l’a trouvée pour moi d’ailleurs, je m’en souviens c’était en 2016 qu’elle m’a parlé de l’école 42. Une formation sans prof, sans cours, sans horaires et ouverte H24 ? Ça m’a intrigué et j’ai décidé de passer la piscine. C’est là que j’ai compris que c’était vraiment une passion pour moi. La piscine c’est le mois de sélection pour rentrer à l’École 42, un mois c’est long ! Mais quand on est passionné on ne voit pas le temps passer !

La piscine qu’est-ce que c’est concrètement ?

Déjà il faut savoir que 42 c’est ouvert à tous à condition d’avoir son bac si on a moins de 18 ans et après 18 ans c’est avec ou sans bac. Pour participer à la piscine, il y a tout d’abord des tests de logique à valider. Pendant les piscines nous sommes 900 environ, 900 personnes qui sont plus ou moins paumées, ou pas ! Forcément, ça crée des liens d’être dans cette galère tous ensemble sinon on ne tiendrait pas !

Pendant le mois, il faut valider des séries d’exercices chaque semaine, des exercices sur le code bien évidemment. Personnellement, je n’avais jamais codé avant la piscine mais j’ai su m’adapter assez vite. On se corrige entre étudiants, c’est une des grandes forces de la formation, on l’appelle le ‘peer to peer’. Tous les exercices n’ont pas une solution unique et le fait de se corriger entre nous permet d’avoir des versions différentes des résolutions. Pour tester les connaissances, il y a des examens toutes les semaines et le week-end est consacré aux projets de groupe. C’est vraiment très intense comme expérience, au bout de 2 jours il y a déjà une centaine de personnes qui abandonnent et le double à la fin de la semaine ! 

Il faut énormément de persévérance et de courage pour tenir, mais ça en vaut vraiment la peine.

La piscine reste un des meilleurs mois de ma vie, je n’avais jamais travaillé autant : j’étais à l’école de 8h a 23h du lundi au dimanche pendant un mois mais j’ai pas vu le temps passer. Sans mon groupe de travail ça n’aurait pas été possible, on a galéré mais on a bien rigolé aussi ensemble. À la fin du mois, nous serons plus ou moins 300 sélectionnés. La réponse se fait environ 2 semaines après la fin, il n’y a pas que le niveau qui compte pour être pris, d’ailleurs à part le staff, personne ne sait quelles sont les compétences sur lesquelles on est testés.

Et comment as-tu fait pour te former une fois l’école intégrée ? Notamment maîtriser tous ces langages ? Python, JavaScript, etc.

Afin de maitriser ces langages et d’autres d’ailleurs je me suis formé en autodidacte. Dans une école sans professeurs et cours, le seul moyen d’avancer c’est d’abord par soi-même ce qui représente un énorme challenge. Pour me former, rien de bien compliqué, je suis allé sur internet, il y a tout pour se former dessus ! Que ce soient des formations gratuites ou payantes, tout est facile d’accès de nos jours. Evidemment, j’ai eu parfois du mal à acquérir certaines notions mais chez les développeurs (devs) on adore s’entraider, je n’avais qu’à demander à mes amis ou regarder sur les forums dédiés. Là où j’ai vraiment appris énormément c’était en stage, avoir des mentors et des devs confirmés permet de step up bien plus vite ! Mes chefs de stage m’ont donné plein de tips et conseils pour avancer que j’utilise d’ailleurs encore aujourd’hui.

Et en ce moment, quel est ton cœur d’activités et tes différents projets ?

Actuellement je suis développeur chez Tilli une startup parisienne qui est spécialisée dans la couture. Je travaille sur leur site web et leur application mobile. J’ai aussi quelques projets sur lesquels je travaille pendant mon temps libre. Un d’eux sera basé sur la musique, c’est également une de mes grandes passions et j’aimerais la lier à l’informatique. J’ai aussi d’autres projets que j’ai eus avec des amis pendant des hackatons. On a pas toujours gagné mais je pense qu’il y a du potentiel pour certains, notamment ’Sharoom’ qui serait comme Airbnb, mais en mieux (rires).

Enfin, quels conseils donnerais-tu aux élèves / étudiants partageant la même passion pour l’informatique que toi ?

Pour se lancer dans l’informatique, et dans tous les domaines d’ailleurs, je pense qu’il faut être curieux, aimer aller chercher les informations toujours plus loin, il faut être persévérant aussi et rigoureux, coder c’est cool mais pas tout le temps facile, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai passé des jours pour corriger un problème ! Aussi, s’armer de patience c’est la base.

Et de plus, aujourd’hui il y a plus de demandes que d’offres, c’est un métier d’avenir et vraiment accessible à tous ! Pas besoin d’aller dans les meilleures écoles du monde pour apprendre, vous pouvez tout faire de chez vous !

Quelques sites que je conseille d’ailleurs pour se former (openclassrooms.com, grafikart.fr, codingame.com). Par la suite, il faut vous trouver des vrais projets à réaliser, ou des exercices (projecteuler.net, exercism.io).

Cet article est paru le 09 février 2020.

Propos recueillis par Chris Wakata (promo 2016).

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