Marina Ngandi (promo 2012) : « pas besoin d’être super fort.e en maths pour réussir ses études de médecine ! »

Après ton baccalauréat scientifique en poche, quelles sont les différentes options que tu as eues ? 

Merci encore de m’avoir donné l’opportunité de parler un peu de mon parcours. Après mon bac, honnêtement, je ne savais pas du tout quoi faire de ma vie, ni quelle direction prendre. Ma famille et moi avions déjà longuement parlé des études de médecine, mais j’étais assez réticente au début, car j’avais beaucoup d’à priori sur ces études là. Finalement avec le temps et surtout n’ayant pas réfléchi à d’autres options tout aussi concrètes à l’époque, j’ai décidé d’écouter mon entourage et de me lancer dans les études médicales. 

Quel a été ton parcours dès lors ? 

Je vais essayer de vous donner les grandes lignes : ). 

Après mon bac, il avait déjà été question que je fasse mes études dans un pays européen, mais pas la France, pour éviter le numerus clausus, (pour ceux qui connaissent un peu, il s’agit de l’examen de fin de première année de médecine en France, réputé très difficile , avec un taux de réussite national avoisinant les 20% seulement). 

J’ai donc su assez rapidement que j’irai ailleurs. La Medical University of Lublin (Pologne) m’a acceptée très rapidement, sauf que je suis malheureusement arrivée en retard, et j’ai manqué les deux premières semaines de cours. Là on est vers fin septembre 2012. Avec ça je ne pouvais pas commencer l’année académique, étant déjà entamée donc je suis rentrée au Cameroun, où je me suis inscrite à la faculté des sciences de Yaoundé I (Ngoa Ekelle) où j’ai suivi des cours de biologie animale (BOA) pendant 2 semestres – qui se sont d’ailleurs avérés être profondément enrichissants pour moi – histoire de ne pas perdre totalement une année, en attendant de retourner en Pologne pour finalement commencer ma première année de médecine 1 an plus tard, en septembre 2013. J’étais bien arrivée à temps cette fois-ci !  J’ai donc effectué tout mes premier et deuxième cycles d’études de médecine (6 ans au total ) en Pologne, où j’ai également obtenu, en juin 2019, mon diplôme de fin de deuxième cycle.

Avec ce diplôme en poche, je suis venue en France dans le but d’accéder au troisième cycle d’études de médecine, c-à-d le cycle de spécialisation . Au préalable, il a fallu que je passe l’ECN (l’Examen Classant National), qui est un examen qui permet de choisir une spécialité médicale, en fonction du classement obtenu au niveau national. Avec les choix que j’avais, j’ai opté pour la médecine générale, qui est une spécialité médicale en France. Je suis donc, depuis le mois de novembre 2019, médecin et interne de médecine générale, et si tout se passe bien, je serai Docteur en Médecine générale à la fin de mon troisième et dernier cycle, (à la fin de mon internat /spécialité médicale) qui dure 3 ans, et surtout, après avoir soutenu ma thèse de doctorat, à partir de 2022 !

Eh bien ! Ton parcours a été plein de rebondissements au début mais tout est bien qui finit bien! Nous espérons que tu n’as pas trop eu froid en Pologne (rires). Et si tu nous disais, qu’est ce qui t’a surpris dans tes études en médecine ? 

Ce qui m’a le plus surprise au début de mes études, c’est qu’on a pas forcément besoin d’être super bon en maths pour réussir ses études de médecine ! Il y a énormément de stéréotypes sur ces études là et pendant une grande partie de mon temps au lycée, je pensais que je ne m’en sortirai pas en Médecine car j’étais une élève plutôt moyenne, sans plus. Cela m’a permis de réaliser qu’avec du travail constant et de la persévérance, on peut atteindre n’importe quel objectif fixé. Ce qui m’a surprise aussi par la suite, c’est la durée des études (minimum 9 ans et ça se rallonge en fonction de la spécialité choisie). Mais bon, aujourd’hui, je ne compte (presque) plus les années ! (Haha) : ).

Puis ne dit-on pas que quand on fait quelque chose que l’on aime le temps ne compte pas ? (rires). Enfin, quels conseils peux-tu donner à des jeunes bacheliers et/ou alumni en plein parcours ?

Je pense qu’on devrait tous essayer de trouver le meilleur moyen pour nous, pour chacun d’entre nous, d’être au service des autres. Chacun d’entre nous a un don, quelque chose de spécial, quelque chose qu’il fait bien et qui peut être utile à autrui, à la société. C’est notre responsabilité de trouver ce que c’est et de le mettre à profit pour que cela serve aux autres. Pour certains c’est la médecine, pour d’autres c’est la cuisine, l’informatique, etc… ça peut être n’importe quoi finalement. Il faudrait simplement que ce soit utile au plus grand nombre et surtout que ce soit pour nous, pour la personne qui le fait, une source d’épanouissement. Aussi, comme je l’ai dit précédemment, avec du travail, de la constance, et de la résilience, on peut atteindre n’importe quel objectif que l’on s’est fixé. Il faut être persévérant face à l’adversité ! And last but not least, il faut avoir foi en soi, et savoir s’entourer de personnes qui nous encouragent et nous tirent vers le haut, à chaque moment de notre vie . : )

Merci infiniment Marina pour ces belles paroles d’encouragement de fin, nous te souhaitons le meilleur pour ta thèse et félicitations par avance Docteur NGANDI !

Cet article est paru le 08 mars 2020.

Propos recueillis par Dona Biyong (promo 2014).

Interviews d’alumni


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s