Franck Nganou (promo 2005) : Banquier d’Affaires à Londres

Franck Nganou est Vice-Président chez Hannam & Partners, une Banque d’Affaires fondée en 2012 dont les secteurs d’expertise regroupent les ressources naturelles et services financiers. 16 ans après l’obtention de son baccalauréat au lycée Fustel de Coulanges, Franck revient sur les étapes de son parcours.

Pourquoi la finance et plus spécifiquement, l’exercice financier en Banque d’Affaires ?

Bonjour et merci pour cette possibilité d’échanger et d’évoquer mon parcours.

Je dirai d’abord que tout parcours est rarement unidirectionnel et résulte plus souvent d’une alchimie assez complexe d’envies, d’ambition, de relâchement, de devoir et de circonstances.

Dans mon cas, au-delà des circonstances, un gout prononcé pour les chiffres et une envie depuis mes années universitaires d’effectuer un début de carrière à Londres (place financière de choix en Europe) m’ont tout naturellement conduit à m’intéresser aux métiers de la finance en général et de la Banque d’Affaires en particulier.

Quelles sont tes missions en tant que VP de la banque ?

J’exerce en tant que Banquier d’Affaire spécialiste des questions de conseil financiers, d’opérations de levée de fonds (marché de dette et d’action) et de fusion-acquisition dans le secteur des matières premières. A cet ordre mes clients sont principalement les gouvernements et les entreprises de ce même secteur. Les missions consistent par exemple à chercher des financements pour un état ou une entreprise donnée, proposer, monter et exécuter des opérations de fusion-acquisition, assurer diverses introductions en bourse, effectuer des montages financiers pour des levées de fonds.

Peux-tu nous expliquer comment interagissent les différentes « structures » que l’on retrouve dans le secteur bancaire (Banque Centrale, Banque d’investissement, Banque d’Affaires) ?

Le secteur bancaire lié à l’économie réelle a, on peut dire, à son sommet la Banque Centrale qui régule l’activité monétaire et assure avec les Banques Commerciales la circulation et la création monétaire. Avec les Banques Commerciales (qui assurent principalement une activité de collecte de dépôt et de crédit à vue de ces dépôts) cohabitent les Banques d’Investissement ou Banques d’Affaires dont l’activité se rapproche plus d’une activité de conseil.

Ainsi, une Banque d’Affaires n’effectue pas d’activité de collecte de dépôts pour ses clients, mais fournit des conseils, des outils, une assistance et expertise technico-financière. La Banque d’Investissement joue aussi un rôle de mise en relation et d’intermédiaire entre les demandeurs de capitaux (entreprises ayant des projets mais recherchant des financements par exemple) et les apporteurs de capitaux (investisseurs cherchant à déployer leur capital par exemple). La Banque d’Investissement apporte ainsi deux éléments importants à ses clients : son expertise technique et son carnet d’adresse.

Quel parcours académique as-tu suivi une fois ton baccalauréat en poche en 2005 ?

Après mon Baccalauréat, je me suis orienté vers des études de mathématiques. Après l’obtention d’une Licence en mathématiques, j’ai choisi de complémenter cette formation avec le parcours Grande École anglophone de Skéma Business School, cursus qui en dernière année offrait la possibilité de commencer la certification du CFA. Chose faite, j’ai parachevé la formation avec un Mastère Spécialisé en Technique Financière à l’ESSEC Business School avant de commencer une carrière à Londres, d’abord à Deutsche Bank en recherche marché actions (analyse financière de marché) et maintenant à Hannam & Partners en Banque d’Affaires.

Qu’est-ce-que le CFA (Chartered Financial Analyst) ? Comment t’es-tu préparé pour l’obtenir et quel plus cela apporte-t-il dans ce que tu fais aujourd’hui ou pour tes objectifs de carrière à long terme ?

La certification du CFA ® délivrée par le CFA Institute, est la reconnaissance par excellence dans le domaine de l’analyse financière de marché en particulier et de la finance en général.

La certification s’obtient après trois examens successifs (niveau 1, niveau 2, et niveau 3). Chaque examen dure 6 heures et couvre notamment des sujets tels que : Déontologie en finance, Gestion de Portefeuille, Économie, Finance d’entreprise, Comptabilité, Méthodes Quantitatives, Marché de la Dette, Marché Action, Matières Premières, Produits Dérivés et Investissement Alternatifs.

Pour être détenteur de la certification il faut en général avoir passé les trois niveaux avec un score minimum de 70% par niveau et aussi avoir 4 années d’expérience dans le domaine de la finance.

Le CFA aujourd’hui donne une excellente vision d’ensemble des techniques et une connaissance globale des concepts et problématiques des métiers de la finance. Celui-ci et est devenu un prérequis pour les métiers de la gestion de portefeuille, de l’analyse financière et de la recherche. Cette certification ouvre aussi la porte à un réseau vaste et important.

Cette certification tout au long de mon parcours m’a permis de me différencier et de faire basculer la balance en ma faveur à plusieurs reprises.

Des conseils pour des personnes intéressées pour obtenir cette certification ?

Pour une préparation optimale, il est en général recommandé de consacrer 4 à 6 mois de travail intense et/ou couvrir 400 à 600 heures de travail par niveau et dont l’intensité doit être croissance avec l’approche de l’examen.

Pourquoi ce complément de formation avec le Mastère Spécialisé Techniques Financières de l’ESSEC ? Pourquoi n’avoir pas opté pour un MBA ?

Ayant déjà une formation en management suite à mon passage au programme Grande École de Skema, j’ai opté pour une spécialisation rentrant en cohérence avec ma préparation du CFA dans l’optique de parfaire ma connaissance des techniques quantitatives dans le domaine.

La formation au sein de l’ESSEC se voulait beaucoup plus orientée technique comparée à un programme MBA. L’ESSEC combiné au CFA m’ont néanmoins permis de développer un carnet d’adresses. Il est vrai aussi que les coûts d’une formation en MBA ne sont pas à négliger surtout considérant que ce qui se fait le mieux reste outre atlantique.  Mais le monde change et votre question donne des idées.

Quels seraient tes conseils si l’on souhaiterait faire carrière en finance et particulièrement en banque d’affaires ?

Le secteur de la finance est assez compétitif, vaste et certainement passionnant pour plus d’un.

Je dirai qu’il est important pour les étudiant(e)s souhaitant se lancer de bien se documenter, bien s’entourer, prendre conseils et recommandations auprès des professionnels du secteur afin d’articuler un projet et des objectifs cohérents. Ici ceux qui réussissent ne sont pas que les meilleurs techniquement mais aussi ceux qui ont su développer très tôt un carnet d’adresses conséquent.

On a tendance à croire en général que les étudiant(e)s intéressé(e)s et attiré(e)s par les métiers de trading et de recherche quantitative devraient prioriser des formations scientifiques maths/physique, les étudiant(e)s intéressé(e)s par des métiers de l’analyse financière et la gestion de portefeuille doivent déjà s’intéresser aux certifications telles que le CFA, le FRM et autre CAIA. Et enfin, que si l’on est plus intéressé(e) par des métiers plus proches de l’économie réelle tels que les métiers de vente, ou les métiers de fusion-acquisition, une formation commerciale avec spécialisation en finance permet d’y accéder. Bien que ces éléments soient représentatifs des trajectoires les plus observées, il n’existe cependant pas de route unique. Sur les grandes places financières, pour un même métier les cursus peuvent être très divers. L’important c’est de se déterminer quant à son projet et faire des choix qui restent en cohérence avec l’aboutissement de celui-ci. Et surtout, je me répète, d’être très bien entouré. Enfin je terminerai par un élément fondamental qui n’est pas des moindres : c’est la maitrise de la langue anglaise. L’anglais est la langue par excellence de la finance en général et de la Banque d’Affaire en particulier. Alors pour les étudiant(e)s francophones désireux de faire une carrière dans ce secteur, travailler à une parfaite maitrise de la langue anglaise constituera un atout de poids.

Cet article est paru le 28 avril 2021.

Propos recueillis par Marie Gabrielle Kouamedjo (promo 2014).

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