Hélène Cuny (promo 2011) : trouver sa voie dans le monde de la communication grâce aux expériences professionnelles

Le monde de la communication comporte de nombreuses composantes et il peut y être difficile de trouver son domaine de « prédilection ». Hélène Cuny s’entretient avec l’ALFY sur ses choix d’orientation et les éléments qui lui ont permis de trouver sa voie.

Comment as-tu procédé pour trouver le secteur de la communication dans lequel tu souhaitais évoluer ?

Au départ, la communication ne signifiait pas grand-chose pour moi. C’était un domaine assez flou qui regroupait trop de choses : communication politique, communication interne/externe, communication digitale, communication événementielle, communication d’entreprise… et les cours ne m’ont pas permis de trouver ce qui me plaisait vraiment et ce sont mes expériences professionnelles qui ont vraiment éclairé ma lanterne.

Par exemple, j’ai tout de suite su après mon premier stage en agence que je n’étais pas faite pour la communication digitale. J’étais community manager, et franchement, j’avais l’impression d’être une machine à tweets, connectée H24, avec peu ou pas d’interactions humaines, et surtout, une grosse impression de ne pas faire de différence (au bout de 15min une publication Facebook se noie et tout le monde l’a déjà oubliée…) bref, next ! Mon deuxième stage chez Orange au service événementiel a été comme une révélation : j’étais dans le concret, dans la vie réelle. J’ai réalisé mon besoin d’avoir beaucoup de contact humain dans mon travail, et de voir concrètement l’impact de mon travail. J’ai beaucoup apprécié imaginer et coordonner un événement, et surtout, voir le Jour J la réalisation de mon projet et avoir des retours. J’ai ensuite fait de la communication interne, toujours chez Orange en alternance pendant 1 an, puis 2 ans en marketing digital au service E-mailing d’Orange Business Services à Londres.

Grâce à toutes ces expériences je peux dire aujourd’hui : mes deux domaines de prédilection sont l’événementiel et la rédaction. Il est donc primordial de multiplier les expériences pour savoir, ou du moins se rapprocher, de ce qu’on aime faire et surtout s‘éloigner de ce qu’on n’aime pas et ce qu’on ne veut pas faire. Au moment du choix de la formation il faut donc être super attentif(ve) aux périodes de stages et alternances proposées, il faut en avoir le plus possible !

Quel parcours académique as-tu suivi ?

Il faut savoir que je suis de la promo 2011 (8 ans déjà !). Après mon BAC ES, j’ai été acceptée à l’IUT Nancy Charlemagne pour un DUT (Diplôme Universitaire Technologique) de deux ans en Information-Communication. Honnêtement j’y suis allée par défaut, ma mère me voyait bien faire de la Com’, (après plus de 10 ans de « bavardage » sur mes bulletins elle s’est dit que je devais aimer communiquer). En même temps, je ne me voyais pas faire autre chose. J’ai donc obtenu mon DUT, après une formation très professionnalisante. J’ai ensuite intégré une école privée de communication, l’ISCOM, d’abord à Strasbourg pour ma licence d’un an, puis à Paris pour mon Master 2 en International Global Communication (programme anglophone) pendant deux ans. Je suis passée d’une formation technique et très concrète (comment établir un plan de communication et maîtriser la conception de moyens de communication, comme rédiger un dossier de presse, un communiqué de presse, un article, tourner et monter une vidéo, créer une affiche etc.) à une formation théorique et beaucoup plus stratégique (comment gérer une équipe, définir les objectifs, gérer un budget etc.). En gros, le DUT m’a permis de maîtriser les bases d’un poste d’exécutant, comme chargé(e) de communication, et l’école de connaître les principes d’un poste à responsabilités, comme directeur(rice) de la communication. Je conseille aux futur(e)s bachelier(ère)s d’allier ces deux types de formation. Certes, l’école privée sur le CV et auprès des recruteurs est valorisée, mais avoir une expérience en école publique est un gros plus, selon moi.

Tu as eu l’opportunité d’effectuer un V.I.E à Londres, peux-tu nous en dire plus ?

Je reviens de deux ans de VIE (Volontariat International en Entreprise) à Londres en effet, une très bonne expérience ! C’est par hasard et grâce à une collègue chez Orange que j’ai eu cette opportunité.

Ce contrat est peu connu malheureusement, j’ai moi-même été surprise de ne pas en avoir entendu parler pendant ma formation. Le V.I.E. pour Volontariat International à l’Etranger est un contrat de travail qui permet de travailler dans une entreprise française à l’étranger dans presque tous les domaines (finance, droit, commerce, communication, ingénierie etc.). Le contrat V.I.E est particulier dans le sens où on ne perçoit pas un salaire mais une indemnité (donc non imposable) + des avantages (différents selon la zone géographique et l’entreprise).

Si tu as moins de 28 ans et que tu es de nationalité française, tu es éligible pour faire un VIE. Je recommande vraiment de le faire après les études si c’est possible. Pour ma part, en plus de mon indemnité, j’ai eu pas mal d’avantages : loyer pris en charge à 70%, billet aller-retour début/fin de mission et aller-retour des effets personnels jusqu’à 150kg. Bien sûr, tous déplacements et dépenses professionnels sont aussi pris en charge. Honnêtement, malgré la vie chère de Londres j’ai pu vivre confortablement.

Au-delà de l’aspect financier, c’est un contrat qui permet d’avoir une expérience à l’étranger, une mine d’or sur un CV. Le fait d’intégrer une entreprise française permet de ne pas se sentir trop dépaysé et c’est une transition parfaite pour s’installer à l’étranger après le contrat.

Si tu nous parlais de Lumière sur l’Afrique ?

J’ai commencé l’aventure Lumière sur l’Afrique fin 2016, au départ avec uniquement la création d’une page Facebook. Comme tout projet, j’étais très investie au départ, je passais mes soirées de semaine et mes week-ends à écrire des publications, créer des visuels, planifier des publications pour gagner des mentions j’aime etc. Très vite, la passion du début s’est transformée en obligation, je me mettais des alarmes pour ne pas oublier de publier, j’écrivais des articles qui ne m’intéressaient pas forcément pour avoir plus de contenu etc. À un moment ce n’était plus un plaisir d’écrire, alors j’ai changé de stratégie. Je pense que c’est un piège fréquent quand on commence un projet. Maintenant, je ne me mets pas de pression, et c’est beaucoup mieux. Si je suis motivée et inspirée pour écrire quelque chose, je le fais, sinon, je ne le fais pas. Mon dernier post Facebook date du 30 janvier et sur le blog, le dernier article est du 18 janvier. Je pense qu’il vaut mieux avoir moins de contenu mais de meilleure qualité. En plus, mon objectif n’est pas de me faire des millions mais plutôt d’apprendre à créer une communauté, améliorer mes compétences en rédaction, et, surtout, sur mon CV c’est un atout non négligeable ! Cela montre mon investissement personnel et ma capacité à réaliser un projet. Si vous avez un intérêt pour le voyage, la danse, l’art, la culture, n’importe quoi, je vous conseille d’en faire un blog, ce sera comme votre deuxième CV. Il faut maintenir une certaine régularité c’est sûr, mais ça doit rester un plaisir, sinon ce sera très difficile de continuer.

Si vous voulez faire un tour sur mon blog, c’est ici : http://www.lumieresurlafrique.com !

Des conseils aux femmes qui nous suivent et souhaitent s’orienter dans le domaine de la communication quel qu’il soit ?

C’est une question difficile car j’ai évolué dans un secteur professionnel assez féminin. Je n’ai donc pas ressenti le besoin de me « battre » en tant que femme pour gagner ma place.

Ainsi, m’adressant à tous, je dirai : multipliez les expériences, personnelles et professionnelles. Si une proposition ou un choix vous fait peur, allez-y le plus vite possible (trop de réflexion tue l’action !) car c’est le signe que vous allez vous améliorer, faire des choses nouvelles. Franchement, vous ne serez jamais déçu(e), et même si c’est le cas, tant mieux, c’est une possibilité en moins sur votre liste. En un mot : osez !

Cet article est paru le 22 mars 2019.

Propos recueillis par Marie Gabrielle Kouamedjo (promo 2014).

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